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COTE EDITION PUBLICATIONS Pas de fumée sans feu
Pas de fumée sans feu

couverture c est pourtant joli Bernard Le recueil "C'est pourtant joli Bernard comme prénom" rassemble des nouvelles sur le thème: "Un crime presque parfait", aux éditions Souffle Court.

Dans "Pas de fumée sans feu" Bernard, que sa femme hérisse avec son désir d'enfant, pense avoir trouvé le moyen  pour qu'elle le laisse en paix .

 

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Pas de fumée sans feu

 

 

SALETÉ DE PORTE. Francine va me tuer. Enfin, j’espère que non.
J’ai mis plus de trois minutes pour l’ouvrir sans un bruit. Faire pivoter la clé. Enclencher en retenant mon souffle. Pousser, millimètre après millimètre, jusqu’à la tétanie de l’avant-bras. Sentir chaque parcelle de mes chaussures épouser interminablement le tapis. Tourner juste le buste pour refermer le battant dans un murmure. Reproduire le pas du caméléon jusqu’à la commode. Et là, l’affreux grincement : la garce se rouvre toute seule, sous son propre poids.

 

 Je repars en apnée jusqu’à trente. Rien que du silence, tout va bien. Sauf que je halète un peu trop fort maintenant. Merde. Je ne comprends pas, je peux tenir quatre minutes pour un sauvetage, et là on dirait un chien agonisant dans la canicule.
Qu’est-ce que je fais si elle se réveille maintenant.
Un nuage passe. Devant la lune, c’est bien ma veine.
Traversée du salon en aveugle réussie. J’ai tâtonné pour trouver le dos velours du fauteuil, je l’ai laissé à regrets pour cinq pas de loup jusqu’à la buanderie.
Moitié sioux, serrant le portefeuille entre les dents comme une arme blanche, moitié plouc, avec mon pantalon aux chevilles, je reste indécis sur le meilleur endroit où poser mes vêtements boueux. Bon, il faudra sûrement répondre de ça demain.
Ça y est, je suis hors de danger, je trouverai toujours une explication, d’être debout à pareille heure. Nu certes, mais je dois pouvoir baratiner quelque chose. Pour un peu, je sautillerais en revenant au salon. Il y a tout de même ce portefeuille. Ou bien je le laisse traîner l’air de rien, cela me forcera à me jeter à l’eau demain. Mes yeux enfin accoutumés à l’obscurité devinent les coussins beiges du fauteuil.
- C’est toi chéri ?
- Ahhh !

 (...)

 

(c) Ingrid Rajaomanana 

Recueil disponible auprès des éditions Souffle Court et de Amazon.fr

 

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Textes : Ingrid Rajaomanana.

Traductions anglaises : Ingrid Rajaomanana et Joanna Blake (Joanna's blog).

Photos : Nelly Razon et Ingrid Rajaomanana.

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