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| Voir le Kili… et mourir ? - 1 - kili_suite2 |
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Page 3 de 3 « Allez, secoue-toi ma vieille, tout ça c’est loin ». Revenant à la réalité, elle chercha dans son sac le rouleau de scotch qu’elle avait appris à emporter dans tous ses périples et se mit à reconstituer la photo. À part un pied, il ne manquait rien d’essentiel. Espérant trouver une date de tirage, elle retourna l’image et se décomposa. Au feutre, une écriture inconnue avait laissé un message : "Aurèle, je t‘en supplie, fais-moi signe. Dis-moi oui." Suivait un numéro de téléphone. Aurèle resta interdite. Etait-ce bien elle, qui était là à lire un mot doux laissé pour elle par Dieu-sait-qui, ou était-ce une autre, une sœur, une jumelle qui vivait cet instant ? Irritée par un bruit sourd et persistant, elle se leva et réalisa que c’était son cœur qui battait incroyablement fort. Ses joues étaient chaudes, elle se sentait comme une adolescente qui venait de trouver une déclaration d’amour. « Ne sois pas stupide, ma vieille, tu ne vas pas appeler ce numéro. Ce n’est personne, personne que tu ne connaisses, que lui dirais-tu voyons ! » Toc, toc. Ah non, pas encore. « Jumbo ! Bonjour Madame, pardonnez-moi, je voulais juste m’assurer que tout allait bien dans votre nouvelle chambre ». Elle reconnut la voix du jeune garçon qui l’avait accueillie l’avant-veille et lui ouvrit. Il tenait un plateau débordant de bananes et de papayes. « Je vous le pose sur la commode, Madame ? » Ces gens sont si bienveillants, songea-t-elle. Bien sûr, elle était une cliente, mais elle avait toujours apprécié cette douce simplicité des Africains, qui prenaient les bonheurs de la vie comme ils se présentaient, une pluie, des fruits, une personne avec qui parler. Ils semblaient si sereins. Elle tenta de prendre un air très anodin– mais pourquoi, se dit-elle, il n’y a rien de bizarre à demander un renseignement – en lui montrant le numéro : « Je peux le faire d’ici ? » « Ah non, Madame, c’est un numéro pour Arusha. Dans les chambres, vous ne pouvez appeler que les autres résidents. Mais venez à la réception, vous pourrez joindre l’extérieur. » « Merci. » Elle n’arrivait pas à comprendre comment elle pouvait paraître aussi naturelle, quand toute une partie d’elle lui criait : tu es folle ! Mais quelque chose s’était mis en marche. Comme si elle avait déjà vécu cela, mais qu’elle avait oublié. Il fallait absolument qu’elle retrouve ce souvenir. « Quel est votre nom ? » « On m’appelle Elias, Madame », répondit le jeune Tanzanien. « Et bien je vais vous suivre, Elias ». Son instinct lui disait d’agir vite, avant qu’une pensée ne la ramène à la raison. (fin du chapitre 1 - chapitre 2 à suivre...)
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