|
Page 2 de 4 2 A qui la fête ? Elle avait vraiment fait tout ce qu’elle pouvait. Elle s’était persuadée que son interlocutrice, Caroline, viendrait certainement d’une autre planète, Vénusienne toute droite sortie d’un magazine de papier gala-cé. Elle avait vérifié qu’elle n’aurait vraiment rien à dire sur elle, elle qui n’avait ni style, ni constance dans son apparence, juste de la cos-mimétique et des coups de tête inexplicables, qui finissaient reniés dans une contrée reculée de la penderie.
Elle était sûre qu’à peine entrée dans l’Atelier, elle arrêterait de rêver éveillée, et qu’elle se retrouverait « comme une poule regarde un taille crayon ». Eh oh! Avoue! Tu étais toute sourire d’aller faire ton Bilan d’image après ce coup de fil, alors rêve encore un peu ! Et rien n’avait tourné comme prévu. La Vénusienne, à part être vêtue de vert, avait tout de la Terrienne pur souche : les pieds sur terre et le sixième sens en bandoulière. Elle parlait la même langue et, mieux : elle écoutait ! Ou plutôt, elle arrivait par un enchantement imperceptible à faire que parler de soi devenait le sujet le plus simple et essentiel qui soit. Quadruple zut. Et alors… se fut sa fête ; une volée de mots sérieux ici, une brassée d’émotions rieuses là ; tout tournait autour de sa planète et de ce qu’elle y avait fait pousser, et qu’il suffisait de cueillir et de croquer avec appétit. Les choux arrivèrent tout naturellement au menu de la conversation, et à sa grande surprise, se mirent à réclamer justice et considération. Après tout, pour les apprécier il suffisait peut être juste des les accommoder à un seul goût : le sien ! Et d’arrêter de ne cuisiner qu’en fonction des autres… Elle quitta l’Atelier à regret. Sa lumière et son miroir, son café et ses promesses. Perplexe. « C’est bien moi quand je me pince, et je n’ai qu’une envie, c’est de rattraper ce reflet qui se permet de parler en mon nom.» Déterminée.
|